Journal de bord #4 - Les rizières vietnamiennes

31/03/2018

Nous arrivons à Hanoi au Vietnam dans la soirée du 28 Février. Nous retrouvons avec soulagement un alphabet que nous connaissons, malgré quelques accents aux allures étranges. Nous sommes bien décidés à progresser rapidement en vietnamien ! Les vélos sont remontés sans encombre, sous l’œil attentif des passants à l’aéroport.

 

Nous avons la chance d’être accueillis dans la capitale par Trung, ancien étudiant vietnamien en échange dans l’école d’ingénieur de Simon. Pendant trois jours, il nous reçoit chez lui et nous fait visiter la capitale du pays. On découvre notamment quelques spécialités culinaires qui ravivent nos papilles après un mois de régime « riz » au Myanmar. Le fameux Bun Chà fait l’unanimité chez tous les Moustiquaires. Nous goûtons également un œuf fécondé de canard, où l’embryon est déjà bien formé. Un peu spécial ! La capitale vietnamienne nous plait beaucoup. De grands lacs jalonnent la ville et permettent de s’extraire du trafic chaotique et bruyant qui règne dans le centre. Avec Trung, nous découvrons le temple de la littérature, première université fondée au Vietnam et qui rappelle l’importance de l’éducation dans la construction d’un pays. Un beau clin d’œil à notre projet !

 

Notre présence dans la capitale est aussi l’occasion d’essayer de réparer notre caméra et de dénicher les pièces égarées pendant notre premier mois à vélo. Nous cherchons en l’occurrence une petite vis, indispensable à l’utilisation de notre matériel pour filmer. Après avoir épuisé l’ensemble des magasins de la ville, nous trouvons notre bonheur dans une petite échoppe, où le propriétaire se donne la peine de créer devant nous la pièce manquante tant désirée aux dimensions adéquates. Un premier contact avec la gentillesse de la population vietnamienne.

 

Les dernières provisions achetées, nous reprenons les vélos et retrouvons rapidement le calme de la campagne. Nous faisons route vers le Nord, direction Sa Pa pour rendre visite à cinq filleuls. Le fleuve rouge guide notre chemin, entre rizières superbes et petits villages atypiques. Notre première tentative pour demander l’hospitalité chez l’habitant est un échec. Nous arrivons dans un village à l’heure de l’apéro, et les locaux quelques peu éméchés ne semblent pas vraiment nous comprendre. On nous accompagne finalement dans une petite guest house. Nos efforts sont récompensés la nuit suivante lorsque nous sommes accueillis dans la grande maison de Ha. Nous partageons un bon dîner avec la famille et nous découvrons l’alcool de riz, à consommer avec modération bien sûr. Notre route se poursuit ensuite jusqu’à la Lao Cai, ville située à la frontière avec la Chine. Après un détour par le poste frontalier, nous nous enfonçons dans les montagnes sur une route peu fréquentée pour rejoindre Sa Pa. Notre choix d’éviter la route principale se voit récompensé par la grandeur et la beauté des paysages que nous traversons. Le calme qui règne dans cette région montagneuse nous fait du bien et semble nous faire pleinement rentrer dans une temporalité différente.

 

 

Au cœur de ces montagnes, nous trouvons notre hébergement pour la nuit dans une petite maison isolée. Une famille attendrissante nous offre l’hospitalité avec une simplicité rare. Le couple d’une trentaine d’années y vit avec leur fils Zi de onze ans et un petit garçon de un an au regard profond. La grand-mère est également logée dans la maison. Nous dégustons tous ensemble du porc sauté vietnamien, cuisiné traditionnellement pour la nouvelle année. Un vrai régal ! Nous dormons  juste à côté de la grand-mère, tous les trois dans un même lit avec une couverture bien chaude. Au petit matin, nous quittons cette famille marquante pour terminer notre longue ascension. L’architecture typique et magistrale des rizières en terrasses nous accompagne jusqu’à Sa Pa.

 

Notre arrivée à Sa Pa, ville très touristique et destination incontournable pour nombre de voyageurs nous laisse une impression amère. Les nombreux hôtels et les magasins de souvenirs en tout genre contrastent avec nos expériences locales fortes des derniers jours. La météo n’est pas en notre faveur et la pluie se mêle à une épaisse brume pour nous clouer toute une journée dans notre petite guest house. Une accalmie d’une après-midi nous donne l’occasion le lendemain de rencontrer Mama Chu, guide Hmong qui nous emmène sur des petits sentiers dans les hauteurs de Sa Pa. Traversant nombre de petits villages, nous arrivons finalement jusqu’à la maison de Mama Chu pour partager un bon repas en sa compagnie. Le retour se fait en scooter sur des routes peu linéaires dont nos postérieurs se souviendront.

 

Nos deux derniers jours à Sa Pa sont enfin l’occasion de rencontrer les cinq filleuls chez eux avec leur famille respective. Sœur T. et notre interprète rayonnante nous organisent un programme efficace, au cœur des villages de la minorité des Hmong noirs. Nous sommes transportés à scooter sur des chemins étroits et sinueux, entourés de sublimes rizières. Les maisons sont simples, souvent en bois, et les habitants que nous croisons nous offrent regards et sourires pétillants ! Avec leurs vêtements très colorés et leur bonne humeur constante, les femmes Hmong nous marquent particulièrement. Chaque famille nous reçoit chaleureusement et affiche une générosité troublante au regard de leurs conditions de vie difficiles. Nous dînons chez Pang, la filleule de Victor. C’est un moment très fort ! Nous sommes dix personnes à festoyer autour de la table, alors que la maison familiale se compose d’une modeste pièce de quelques mètres carrés. Une fois de plus, le porc sauté vietnamien est de la partie, pour notre plus grand plaisir.

 

 

L‘occasion se prête aussi de visiter les différentes écoles des filleuls pour en apprendre un peu plus sur leur quotidien d’élèves. Nous pouvons découvrir les salles de classes où étudient les enfants, les cours de récréation, leurs dortoirs, et même leur cantine ! Pour la première fois, nous voyons concrètement que les enfants parrainés empruntent chaque matin le chemin de l’école. Les établissements scolaires sont très bien entretenus et l’atmosphère dynamique qui y règne fait plaisir à voir.

 

 

 

 

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