Journal de bord #6 - La campagne laotienne

02/05/2018

Nous descendons les premiers kilomètres du versant laotien à la végétation encore luxuriante avant de découvrir un paysage bien différent. Les rizières vietnamiennes ont laissé place à une nature plus aride et sauvage que nous prenons plaisir à contempler. Nous longeons alors une jolie rivière qui aboutit à Lak Sao et son charmant temple bouddhiste. Nous nous initions à la cuisine locale et les quelques brochettes que nous dégustons ne nous déçoivent pas ! Nos coups de pédales nous emmènent ensuite vers le grand réservoir d’eau de Nam Theum. Sa mise en place et la construction du barrage ont nécessité l’inondation d’une large portion du plateau de Nakaï, donnant naissance à un spectacle singulier et très surprenant. Les vestiges de grands arbres morts s’extraient de la surface de l’eau et forment ensemble une forêt de lignes verticales qui se reflètent dans le réservoir. Nous prenons notre temps pour profiter de cet environnement inhabituel, accompagnés par un soleil de plomb. La chaleur pesante ne nous faussera d’ailleurs que rarement compagnie durant notre séjour au pays du million d'éléphants.

Après avoir reconstitué nos réserves énergétiques autour d’un bon barbecue à la mode lao, nous les consommons de nouveau pour avaler le bitume d’une route fraîchement construite nous séparant d’une sympathique cascade que deux grimpeurs français rencontrés nous ont fortement conseillée. Nous posons pour la première fois notre tente au Laos, aux abords d’un large bassin d’eau transparente. Suite à une baignade délassante, nous nous essayons à la pêche afin de réaliser un des défis lancés par les écoles qui nous suivent en France. À l’aide de cannes à pêche artisanales et de fourmis faisant office d’appât, nous nous démenons pour attraper un gros poisson. C’est malheureusement un bel échec ! Nos talents de campeurs sont aussi mis à l’épreuve pour la préparation du repas. Après avoir plusieurs fois renversé la casserole d’eau chaude sur un feu aux pierres instables, nous parvenons finalement à déguster fièrement nos nouilles fraîches.

 

Nous rejoignons ensuite la fameuse boucle de Thakhek et ses nombreuses grottes. Alors que nous contemplons les pains de sucres, immenses avancées rocheuses, le ciel s’assombrit brutalement et un déluge s’abat sur nous. Nous en profitons pour nous abriter dans une grotte sombre. Nous trouvons ensuite refuge dans un célèbre repère de grimpeurs internationaux, l’incertitude météorologique nous conseillant vivement d’y dormir. Avant de rejoindre Thakhek pour visiter le programme de parrainage, nous explorons les environs de la ville. Grottes traversée par des cours d’eau, lac au milieu d’une forêt dense, chemins boueux et inondés dans lesquels nous peinons à rouler, et baignade dans une rivière sont au programme. Victor parvient enfin à pêcher un petit poisson et réalise donc partiellement le défi des écoles.

 

Arrivés à Thakhek, nous faisons la connaissance de Brice, volontaire bambou EDM, dans un cadre très sympathique. Nous sirotons une « Beerlao » sur les rives du grandiose Mékong que nous découvrons enfin. Alors que nous contemplons les lumières thaïlandaises sur la rive opposée, nous assistons à un bref feu d’artifice qui semble nous souhaiter la bienvenue dans cette ville paisible.  

 

Pendant deux jours, nous rencontrons les enfants parrainés via notre projet dans de tout petits villages autour de Thakhek. Brice et des bonnes sœurs responsables des programmes nous accompagnent pour ces visites, et facilitent les échanges avec les filleuls et leur famille. Nous sommes une nouvelle fois les témoins des histoires émouvantes et humaines qui donnent du sens à notre aventure. Outre ces belles rencontres et ces quotidiens partagés, nous avons le privilège de visiter quelques établissements scolaires et même de nous inviter dans des cours de mathématiques et d’anglais. La bonne humeur est au rendez-vous !

 

Après une nuit improvisée à la dernière minute dans la classe d’une école, nous repartons déjà en direction du Vietnam. Un petit déjeuner à base de larves de fourmis offertes par les parents d’un filleul nous donne un peu de tonus pour les prochains jours au cœur de la campagne laotienne. Sur la route, un motard à la conduite imprévisible causera à Simon une jolie chute. Heureusement, plus de peur que de mal !

 

Nous nous engageons alors sur une route de terre qui sera notre ligne directrice jusqu’à la frontière. Nos souhaits d’authenticité et de calme sont exaucés. Nous croisons très peu de véhicules et les locaux que nous rencontrons ne sont pas vraiment habitués à voir des voyageurs. L’extrême chaleur des journées nous encourage à partir tôt et nous adoptons vite le rythme local, symbolisé par le terme « bo pen yang » qui devient notre devise. Pas de problème, il faut vivre tranquillement ! La poussière s’immisce dans les mécanismes de nos engins à propulsion musculaire, jusqu’à ce qu’un crissement perpétuel devienne caractéristique de leurs mouvements.

Il nous est par ailleurs souvent difficile de trouver à manger tant les petits villages que nous croisons sont éparses. Le riz gluant si typique de la région nous accompagne au quotidien et nous est servi en quantité chaque fois que nous nous arrêtons pour passer la nuit chez l’habitant. Des familles nous accueillent chaleureusement lors de notre traversée, preuve indiscutable de la générosité de cette humanité simple et joyeuse. Nous avons même le droit à un cours de Lao avec les enfants d’une famille, en échange d’un cours d’anglais ! Les difficultés de prononciation qui apparaissent de chaque côté nous offrent de bonnes parties de rigolade. Les derniers kilomètres pour rejoindre la route sont éreintants : le chemin de terre déjà cabossé se transforme en une route de goudron où nos guidons doivent sans cesse slalomer entre les nids de poules. Les retrouvailles avec une route bien lisse sont un réel plaisir, malgré une circulation plus abondante. Seuls quelques kilomètres nous séparent du poste frontalier. Le passage au Vietnam est une formalité !

 

 

 

 

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